Après la double défaite face à Ozoir, le déplacement à Limay - qui n'avait pas joué la semaine dernière - était l'occasion pour le RCG de relever la tête rapidement et retrouver le goût à la victoire.

Pourtant, dès le départ du bus, une évidence s'imposait : nous n'étions pas nombreux (cf en commentaire le mail de Gaelle, que je vous invite tous à méditer). Dans l'obligation d'appeler en urgence certains - merci Quentin - pour faire le nombre, nous avons du composer avec une équipe réduite pour ce déplacement.

La réserve, plus large qu'à l'aller

C'est une équipe remaniée qui est entrée sur le terrain. Pierre Pottier en deuxième ligne, Marius à la pile... Mais une équipe bien décider à reprendre sa marche en avant au niveau du championnat.

Pourtant, durant le premier quart d'heure, Limay propose une belle opposition à nos garchois. Et les rares occasions n'arrivent pas à amener d'actions vraiment dangereuses. On pouvait alors craindre de tomber dans un non-match... il n'en fut rien.
Quelques minutes après la mi-temps de cette première mi-temps, les garchois trouvaient enfin la faille et inscrivaient le premier essai par Pierre Pottier, autour d'une bonne prestation (sur la première mi-temps que j'ai vu en tout cas), qui avait bien suivi une percée de Valério je crois. Le compteur était ouvert : 5-0.

Enfin décomplexés, les garchois qui avaient laissé passer l'orage, inscrivaient rapidement un deuxième essai. La machine était en route, les automatismes à nouveau réglés... à la mi-temps le trou était bien fait : 24-0 grâce à deux nouveaux essais.

A l'aller Garches l'avait emporté 65-0. Au retour, le score sera encore plus large. En effet, en deuxième mi-temps, Garches a profité de la fatigue des rouge et vert de Limay pour aggraver rapidement le score. Une pluie d'essais - 11 au total - dont un symbolique où Délibes rentré dans l'en-but en bout de ligne, a pu aller jusqu'entre les poteaux en marchant, les joueurs de Limay étant trop occupés à s'engueuler entre eux.

Garches l'emporte 69-0, avec des essais signés Valério (1), Délibes (2), Pierre P (2), Quentin de Brugière (3), Louis P (1) et Emilien (1) et s'offre une victoire bonifiée rassurante et indispensable. Bravo la réserve.

La première entre gris clair et gris foncé

Je tiens à souligner deux éléments essentiels à la réussite d'un bon match de rugby le dimanche : l'adversaire et l'arbitrage. Je crois que nous sommes tous unanimes sur le fair-play et le respect dont ont fait preuve les joueurs de Limay d'une part, et sur la qualité de l'arbitrage de Robin Mulot (vainqueur l'été dernier du concours national du jeune arbitre, bravo à lui), parfait directeur du jeu.

Le match de la première s'est déroulé sur un faux rythme, et fut marqué un nombre incroyable de fautes de main générant une grand nombre de mêlées (j'ai l'impression d'en avoir joué 40 au moins).
Durant la première mi-temps, chaque équipe a connu ses temps forts. Après avoir multiplié les fautes de main (3 ballons gardés au sol en 10 minutes), les garchois, alors dominés, auraient pu profiter du carton blanc reçu par Limay pour sortir la tête de l'eau. Il n'en fut rien. Les rouges et vert dominaient nos garchois qui faisaient le dos rond, défendaient bien mais n'exploitaient pas les quelques ballons en leur possession.

Au milieu de cette première mi-temps, Garches reprenait l'ascendant et était sur le point de marquer suite à une bonne combinaison en touche qui se poursuivait par un groupé pénétrant qui finissait en terre promise. Mais dans le doute, l'arbitre ordonnait une mélée à 5 qui ne donnait rien.

A la mi-temps, le score était toujours vierge. Momo rappelait le besoin de jouer sur les extérieurs et ne pas se laissait endormir au risque de perdre ce match.

Sur un scénario relativement identique à la première mi-temps, Limay et Garches enchaînaient chacun leurs temps forts. Après 10 ou 15 minutes de domination stérile, Limay baissait un peu de rythme et Garches imposait enfin son jeu. Une domination qui offrait à Lionel une pénalité à 20 mètres, légèrement à gauche des poteaux. Pourtant concentré, son tir touchait le poteau gauche. Dommage. Et le carton blanc de Sébi n'arrangeait pas les affaire garchoises.

On se dirigeait vers un 0-0 final, quand Limay, dans un mouvement rapide, avec plusieurs passes, trouvait la faille le long de la touche et allait aplatir : 7-0 à 4 minutes de la fin.

Mais Garches présente cette année un nouveau visage. Blessés, révoltés, les joueurs rouge et blanc se décidaient enfin à jouer leur jeu. A l'assaut de l'en-but de Limay, Garches obtenait une pénalité à 5 m de l'en-but. Cap'tain Jérome charge une première fois, puis s'offre une deuxième charges quelques instants plus tard pour aplatir dans l'en-but. Maxime Alary, rentré quelques instants plus tôt, se charge de l'égalisation à 1 minute de la fin.

Sur l'action suivante, Limay obtiendra une pénalite à 35 m, sur la droite quand on regarde les poteaux. Mais celle-ci ne passera pas. Polo, à la réception, n'a plus qu'à envoyer le ballon en touche. L'arbitre siffle la fin du match. Score final : 7-7.

Garches aurait pu gagner ce match. Elle aurait le perdre. L'équipe a trouvé les ressources d'arracher un nul en montrant une solidarité exemplaire et des ressources morales importantes. Un signe intéressant pour la suite.

Pour finir, je citerai le poème Invictus de William Ernest Henley, repris dans le film éponyme de C. Eastwood, que je vous engage à aller voir :

Depuis l'obscurité qui m'envahit,
Noire comme le royaume de l'enfer,
Je remercie les dieux quels qu'ils soient
Pour mon âme indomptable.

Dans l'étreinte féroce des circonstances,
Je n'ai ni bronché ni pleuré
Sous les coups de l'adversité.
Mon esprit est ensanglanté mais inflexible.

Au-delà de ce monde de colère et de larmes,
Ne se profile que l'horreur de la nuit.
Et pourtant face à la grande menace
Je me trouve et je reste sans peur.

Peu importe combien le voyage sera dur,
Et combien la liste des châtiments sera lourde,
Je suis le maître de mon destin,
Je suis le capitaine de mon âme.

Méditez ces paroles mes amis. Nous sommes nous aussi maîtres de notre destin et capitaines de nos âmes.